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TUILE ALSACIENNE



Au Moyen Âge, beaucoup de maisons alsaciennes ont encore des toits de chaume et ce type de couverture va subsister dans les zones défavorisées jusqu'à la Première Guerre mondiale.

En ville, les tuiles de terre cuite sont utilisées à la fin du Moyen Âge, parfois sous la forme de « tuiles canal » demi-rondes (par exemple sur la Tour de l'Hôpital civil à Strasbourg). Parallèlement apparaissent les tuiles plates, les plus anciennes ayant une extrémité triangulaire (certaines sont encore en place sur des toits de Wissembourg).

Le type le plus fréquemment utilisé est la tuile dite « Biberschwanz » ou « en queue de castor », une tuile plate à extrémité arrondie. Sur le dessus, elle est munie de deux ou plusieurs cannelures faites au doigt (Anstrich), qui permettront à l'eau de s'écouler plus facilement à la surface de la tuile. Au verso, la terre est relevée en forme de crochet, le « nez », qui va servir à accrocher la tuile sur les voliges du toit.

 

Au Musée alsacien de Strasbourg, on peut voir un petit toit présentant deux types de recouvrement des tuiles (Ziejel). Elles peuvent être posées en recouvrement simple, c'est-à-dire placées côte à côte sur le toit, la rangée du dessus étant ensuite placée en quinconce. Ce dispositif est le plus fréquent, car le moins onéreux et le moins pesant pour la charpente. Par contre, il n'empêche pas l'eau de s'infiltrer entre deux tuiles, c'est pourquoi il est nécessaire de placer de minces lattes de bois de sapin (Schindle ou échandoles) sous chaque joint. Elles assurent l'étanchéité du toit à condition d'être changées régulièrement.

Le double recouvrement de tuiles est plus étanche, mais plus lourd pour la charpente et plus cher. On le trouvait autrefois plutôt sur les bâtiments publics que sur les maisons individuelles.

 

Les tuileries étaient installées à proximité de réserves d'argile.

L'hiver était la période d'extraction de l'argile, qui était mise à geler pour être de meilleure qualité, puis était malaxée avec du sable et de l'eau.

L'ouvrier tuilier utilisait un gabarit plat, en bois ou en fer, muni d'une poignée, au centre duquel il disposait une motte d'argile, qu'il aplatissait ensuite à la hauteur du moule, striait légèrement la surface au doigt. C'est à ce moment-là qu'il pouvait rajouter dans la pâte un dessin ou une inscription. Il retournait la tuile et saupoudrait le dessous de sable fin et enlevait ensuite son moule pour faire la tuile suivante.

Un bon ouvrier pouvait fabriquer plus de 800 tuiles par jour.

Les tuiles vont ensuite être mises sur des planches pour être séchées environ un mois, puis cuites durant plusieurs jours.

 

Les tuiles décorées, un joyau de l’Alsace ou "schutzziegel" 

 

À Soufflenheim, où se trouvaient une tuilerie et des ateliers de potiers, un certain nombre de tuiles étaient vernissées sur le dessus par des potiers. Les pièces monochromes étaient utilisées pour former des motifs décoratifs colorés sur le toit, alors que les pièces portant un décor figuré étaient généralement placées isolément sur le toit d'une maison. Elles pouvaient commémorer la construction de la maison et portent alors une date ou un nom, ou être des tuiles de protection.

Sur chaque toit se trouvait en général, près du faîte du pignon sur rue, une tuile particulière, vernissée ou simplement gravée, dont le rôle était de protéger la maison. Le décor de cette tuile, tracé au doigt, incisé dans la pâte avec un outil ou estampé avec un tampon, représente fréquemment les initiales I H S, qui signifient en latin « Iesus Hominum Salvator » soit  Jésus Sauveur des Hommes (et en allemand « Iesus Heiland Seligmacher »).

Souvent accompagné d'une croix, le monogramme du Christ devait placer la maison sous la protection divine et ainsi la préserver de la foudre.

 

Un autre motif fréquemment trouvé sur les tuiles est celui du bouquet de fleurs dans un vase, ou « maikrug », dans lequel se trouve notamment la tulipe, fleur rare et chère, qui est donc censée attirer la prospérité sur la maisonnée.

Un autre motif fréquant sur les tuiles, est celui du demi-soleil rayonnant, qui devient un soleil complet lorsque deux tuiles de ce type sont posées côte à côte.

 

Jacob Kenzel, LE tuilier

 

« Jacob Kenzel, tuilier d’Adamswiller, dans le Bas Rhin, a marqué les toits des villages voisins de ses estampilles gravées sur bois de 1789 à 1837. Jusqu’alors, le décor était totalement tracé au doigt ou gravé au stylet.  Les plus anciennes tuiles estampées par Kenzel ne portaient que des motifs géométriques élémentaires et des dessins simples inspirés par la flore ou les animaux. Certaines tuiles sont marquées par les deux procédés à la fois, estampées dans la partie inférieure et gravées au stylet dans la partie supérieure.

A partir de 1816, apparaissent  ses grandes estampilles composées à partir d’un motif floral : souci, tournesol, tulipes chères à l’Alsace, ou animal comme avec le coq entouré d’éléments végétaux.

Il est complété par  le monogramme IK de Jacob Kenzel, avec le K toujours à l’envers, que l’artisan remplace parfois par le millésime. Grace à l’estampille, le tuilier se libère partiellement du travail manuel pour mieux se consacrer à sa vocation d’artiste graphique.

Kenzel signait ses tuiles à droite en caractère latins minuscules. Cette habitude  de signer se retrouve sur les lettres de baptême. La signature était parfois accompagnée d’un texte. L’un d’eux, gravé au stylet nous laisse à lire : « Jacob Kenzel de la tuilerie d’Adamswiller  j’ai entrain et amour pour cette chose je suis attentionné et travaille peu/ cette tuile est seulement simple  terre, mais il faut travailler beaucoup avant de la poser haut sur le toit avant qu’elle fasse de claires maisons  Jacob Kenzel, en l’an 1808, pour Carl Jacquillard ».

Extrait « l’Art Populaire en France », par Jean Cuisenier, Office du livre, p.165

Le couple d'oiseaux de ses compositions symbolise le couple fondateur de la maison.

 

Les tuiles « de fin de journée », appelées "fieroweziegel" 

 

On range généralement parmi les tuiles dites « de fin de journée » des pièces portant des inscriptions historiques ou symboliques ou des dessins de circonstance (déclaration d'amour, chute d'un ouvrier, prise d'un château-fort, arrivée des Prussiens en 1870,…). Ces dessins auraient été faits pour marquer la dernière tuile de la journée. Plus tard, les tuiles ont été conditionnées par palettes de cinquante et cet usage prit fin.

 

Source dont larges extraits :

Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tuile_alsacienne



Informations complémentaires


TUILE ALSACIENNE

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TUILE ALSACIENNE

TUILE ALSACIENNE détail K dans le mauvais sens

TUILES ALSACIENNES

TUILES ALSACIENNES

TUILE ALSACIENNE (fausse! le "K" est dans le mauvais sens!)