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POT A BOUILLON



J’ai trouvé un excellent article sur le pot à bouillon, écrit par M. Claude Renner. Vous trouverez l’adresse de ce document tout en bas. Ce qui suit en est largement inspiré.

 

Le pot à bouillon est initialement un objet lié à l’exercice de la médecine.

C’est Ambroise Paré qui, en 1585, en donne le premier la description : un « vaisseau  d’estain… lequel se clot à vis de façon que nulle vapeur ne peut sortir dehors ». Ce curieux pot est alors utilisé pour préparer un bouillon de viande, autrement nommé « jus de viande ». Ce breuvage est, à l’époque, considéré comme un médicament… Avec notre recul sur la médecine d’autrefois, on peut ajouter sans doute permis : « Pas sûr que le bouillon soit très efficace en tant que remède », mais à l’époque, on pensait que le jus de viande allait donner un coup de fouet à l’organisme.

Le pot à bouillon porte en fait plusieurs noms : pot à jus (de viande), pot à consommé, sustenteur et marmite américaine (le bouillon de viande fut un temps nommé « bouillon américain » et la marmite se trouva alors renommée « marmite américaine).

Le « vaisseau » d’Ambroise Paré est ce qui donnera le pot à bouillon du XVIIIème siècle et le sustenteur ou marmite américaine du XIXème siècle, qui ont tous trois le même usage. Seul le nom a évolué dans le temps.

Pour réaliser le bouillon de viande salvateur d’autrefois, on le faisait directement dans le pot, pot, qui lui, était plongé dans un bain-marie. Vous remarquerez ainsi, que sur le bas du pied du pot, il y a des demi-trous, courts créneaux ou pieds ansés, pour permettre l’évacuation des bulles d’air, lorsque l’eau du bain marie est en ébullition et donc éviter que le pot ne se renverse.

Paré ajoute qu’il faut, pour la confection d’un bon bouillon guérisseur, « hestourneaux, perdreaux, pigeonneaux, alouettes, cailles, merles, tourterelles, … ». Un bouillon de gourmet en somme !

 

Comme indiqué ci-dessus, ce bouillon était donné au malade, en quantité maitrisée et à horaires établis. Il était consommé par le fraichement saigné, l’accouchée, le gangréné, le poitrinaire et à tous les mal en point alités !

De cette habitude de faire consommer du bouillon aux malades, surtout dans les hôpitaux alors tenu par des religieux, est née une hantise : le bouillon d’onze heures du soir ! Il était « administré » à tous ceux dont la vie ne tenait qu’à un fil. Et de cette tradition charitable, vient l’expression « bouillon d’onze heures » qui signifie « empoisonner ». Le bouillon de onze heure, c’est en quelque sorte la soupe du condamné et par très large extension, un empoisonnement, du moins pour ceux qui le croyaient à l’époque, car c’était monnaie courante d’empoisonner un ennemi, en glissant quelques gouttes d’arsenic… dans son bouillon.

 

Le pot à bouillon est un pot à panse sphérique ou ovoïde, doté d’un petit col droit, garni d’un pas de vis. Un premier couvercle à encastrement, muni d’une petite prise, vient clore le pot. Il est recouvert par un large bouchon recouvrant, à vis. Sur ce gros bouchon, une anse est positionnée, pour une manutention facilitée. Elle est fixe ou mobile.

Le pot à bouillon est d’abord uniquement en étain, puis vous noterez que sur les modèles les moins anciens (ou devrais-je dire, les plus récents), que le corps est en porcelaine bien épaisse, pour résister à la cuisson. Les bouchons sont, quant à eux, toujours en étain.

Il est doté d’un pied, peu haut, évasé.

Il existe différentes tailles de pots à bouillon. La contenance est ainsi variable : de 500g à 2 kg.

 

« Au XVIIIème siècle, le production des marmites concerne nombre de Provinces : Lyonnais, Aquitaine, Languedoc, Beauce, Paris, …  Au XIXème, la concentration parisienne devient très forte et il est impossible de se faire une idée des habitudes des prescriptions (de bouillon) au travers de la géographie de ces productions. Hors de France, un matériel (model) très voisin, sorti de moules différents, est fabriqué en Angleterre, en Belgique, en Hollande, en Suisse. »

 

Comment différencier pot à bouillon d’un sustenteur ?

Normalement c’est l’ancienneté de la pièce qui lui donne son nom !

Mais, on ne va pas se cacher, c’est très compliqué, à tel point que les experts, dans leur descriptif de catalogue de ventes aux enchères marchent sur des œufs et mettent les deux noms !

Il est sûr que le marché propose, en ce moment, plus de sustenteurs que de pots à bouillon, car ils furent réalisés en plus grands nombres et de manière industrielle. Le bouillon est encore très prescrit au XIXème siècle, mais plus pour les agonisants, pour les convalescents !

De ce fait, dans presque toutes les familles de France et quand on en avait les moyens, la ménagère possédait un sustenteur, pour pouvoir rapidement faire un jus, qui redonnera de la force et de la vigueur au malade en rémission.

Il était indispensable au foyer, tout comme le canard de malade ou la cuillère à potion.

Il semble aussi que le sustenteur servait à tenir le clystère au chaud… Vraiment, il ne faisait pas bon être malade à cette époque !

 

En ce qui concerne les prix, je peux dire que les « vrais » pots à bouillon XVIIIème siècle valent un peu d’argent. Mais comme pour de nombreux objets en étain, attention aux faux !

Les sustenteurs XIXème siècle et les marmites américaines s’échangent autour des 30/60 € pièce, en parfait état et complets de leurs bouchons.

 

Source pour cet article :

http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2006x040x001/HSMx2006x040x001x0091.pdf




POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON HOLLANDAIS

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

POT A BOUILLON

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