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MOULE A CUILLERE



Ce type de moule est aujourd’hui une curiosité : il interpelle, amuse et évoque surtout un passé qui nous semble si lointain. Il était lié à un métier qui a disparu au début du XXème siècle : le fondeur de cuillères, autrement nommé l’étameur ambulant.

Le moule à cuillère permet de mouler des cuillères à partir d’un lingot d’étain neuf mais aussi et surtout de réemployer tout couvert accidenté, tordu ou trop usé, ou encore tout objet en étain rendu obsolète.

L’objet est assez lourd car il est en bronze. Il se compose de deux parties complémentaires, qui s’imbriquent parfaitement  et se fixent entre elles par un ou deux petits taquets en haut et un ou deux en bas. Entre ces deux matrices, il y a évidemment un espace vide qui est la place nécessaire pour former une cuillère ! Chaque partie peut porter des motifs décoratifs en creux : ils seront moulés en relief sur l’objet.

Chaque fondeur de cuillère possédait plusieurs moules et pouvait donc proposer plusieurs motifs variés.

 

Vous constaterez la présence d’un orifice de remplissage au sommet du moule soit au niveau du cuilleron chez nos amis canadiens, soit au niveau du manche chez nous en France.

Vous remarquerez que les deux parties du moule possèdent chacune une tige métallique en excroissance. Une poignée en bois venait recouvrir chacune d’entre elle, chez nos cousins canadiens.  Ces deux poignées étaient coincées entre les jambes du fondeur de cuillères, au niveau des genoux. Ainsi maintenues bien droites, les deux matrices parfaitement ajustées,  le moule était prêt à recevoir le métal en fusion. Nos artisans français ont, quant à eux, employé un étau pour caler les deux parties du moule.

L’étameur s’installait dehors, à côté d’un poêle bien chaud. C’était un spectacle pour toute la maisonnée de le voir ainsi travailler.

Le moule doit être chaud mais pas bouillant pour pouvoir accueillir l’étain en fusion. Bien souvent, l’étain employé est une refonte de cuillères abimées et c’est dans une petite marmite de fer qu’il apportait avec lui, que le fondeur de cuillère obtient le métal en fusion. Il fumait l’intérieur de ses moules en se servant d’écorces de bouleau enflammées : le gras de la fumée isolait le métal en fusion du moule et permettait de bien démouler l’objet. Une fois le métal coulé, l’exutoire débordait lorsque le moule était plein. L’étain se refroidi rapidement. L’étameur pouvait tremper les moules chauds dans un récipient d’eau froide pour activer le refroidissement de l’étain liquide.

Le métal se démoule facilement et une belle cuillère apparait. Il faut encore lui retirer ses barbes (bavures d’étain qui entourent l’objet nouvellement fondu) à l’aide d’un couteau et pour finir, un petit polissage s’imposait : la nouvelle cuillère était enfin prête à l’emploi !

 

Le fondeur passait de porte en porte durant la belle saison. Il arrivait en chantant : « Cuillères, cuillères à fondre ; apportez vos morceaux ! ». Ce métier ambulant perdit ses derniers représentants vers 1900. Mais, on se servit des moules plus tardivement encore car les habitants possédant encore des moules à cuillères s’en servaient certainement eux-mêmes et les prêtaient bien volontiers aux voisins.

Le fondeur de cuillères vendait aussi de menus objets d’étain coulés d’avance : des crucifix, des croix de chapelet, des boutons à recouvrir de tissu, des épinglettes, des boutons de col et de manchettes, des épingles droites, …

Il travaillait seul la plupart du temps.

 

Voici un extrait complémentaire sur le moule à cuillère :

« Moule à couvert

Moule en bronze en deux parties pour mouler des couverts en étain. Jusqu’au milieu du XIXè, des étameurs ambulants, normands ou auvergnats, appelés « grillous », se déplaçaient dans toute la France. Avec les morceaux des vieux couverts d’étain cassés, ils en fabriquaient de nouveaux étincelants. Fondues dans deux demi-moules en bronze, aspergé de sanguine et de silicate de fer, ébarbées au couteau puis polies, ces cuillères feront le bonheur des ménagères. Beaucoup de moules portent la marque Bazin, dynastie de fondeur à Sourdeval (Manche)»

Extrait de la page 473, du Dictionnaire des outils, Daniel Boucard, Edition Jean-Cyrille Godefroy

 

Pour information, le potier d’étain qui travaillait autrefois l’étain, ne coulait pas de cuillère. Il réalisait uniquement les grosses pièces de forme comme les pots, pichets, soupières, ...

L'étameur ambulant s'appelait aussi le "rétameur" et portait de nombreux noms en patois comme "l'estamaire"  en Provence.

Après consultation des derniers résultats de vente, j’ai noté qu’un moule Bazin en parfait état se vendait autours des 50 €.



Informations complémentaires


MOULE A CUILLERE

MOULE A CUILLERE modèle canadien

MOULE A CUILLERE

MOULE A CUILLERE

MOULE A CUILLERE

MOULE A CUILLERE

MOULE A CUILLERE

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MOULE A CUILLERE modèle canadien

MOULE A CUILLERE

MOULE A CUILLERE

MOULE A CUILLERE

MOULE A CUILLERE

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L'ETAMEUR AMBULANT

L'ETAMEUR AMBULANT